« Personne n'éduque autrui, personne ne s'éduque seul, les hommes s'éduquent ensemble par l'intermédiaire du monde. »
Paulo Freire. (1974),
Pédagogie des opprimés
« Personne n'éduque autrui, personne ne s'éduque seul, les hommes s'éduquent ensemble par l'intermédiaire du monde. »
Paulo Freire. (1974),
Pédagogie des opprimés
espace famille
Dans un jardin, les plantes poussent au gré des saisons, certaines ont besoin de soleil, d’autres d’un peu d’ombre, toutes de chaleur et d’eau. Dans un jardin, le jardinier travaille inlassablement pour le plaisir du travail bien fait et pour le plaisir de partager avec tous sa récolte.
Il en va de même avec les enfants : les besoins de chacun sont différents et les soins aussi. Mais tous ont un besoin identique, universel : le besoin d’amour et de la présence de parents bienveillants, de parents qui veillent sur leur enfant.
On ne devient parent (dans le sens père ou mère) que lorsque le premier enfant naît. Donc, nous avons – en âge de parent – l’âge de notre premier enfant ! Et cela même si nous avions 40 ans et plus lorsqu’il est né, si il a 5 ans…. Nous avons 5 ans d’âge de parent !
La croyance est que nous savons être parent puisque nous avons été enfant, voire que nous serons de meilleurs parents, que nous ferons mieux que ceux que nous avions. Et puis, au gré de notre aventure, nous nous retrouvons parent d’un petit, tout petit ; parent, responsable de sa vie, de son devenir. Quel choc et quelle différence entre ce que nous croyions savoir et ce que nous savons, entre ce que nous pensions pouvoir faire et ce que nous faisons.
Nous avons tout à apprendre, car un enfant ne peut pas grandir tout seul, il a besoin d’adultes qui s’occupent de lui, qui l’aiment, qui lui apprennent la vie, à vivre en société pour qu’alors, à son tour, il puisse accompagner ses propres enfants sur ce chemin. Mais qui nous l’apprend ? qui nous aide aujourd’hui ? Les familles sont éloignées, chacun occupé par ses propres affaires qui ne font pas de place pour les enfants, les parents se retrouvent alors seuls devant une tâche d’une ampleur considérable.
Etre parent, c’est au quotidien, 24 h sur 24 h, que cela se passe ! Pas de jours de congé, pas de démission en vue car cet enfant est le nôtre, celui que nous avons désiré, attendu, accueilli. Attachés à notre enfant, nous allons l’accompagner jusqu’à ce qu’il soit prêt à prendre ses responsabilités lui-même. Et nous allons répéter, répéter inlassablement les mêmes phrases : range tes affaires, parle gentiment, ne laisse pas la porte du frigo ouverte,…. Toutes ces phrases que nous avons entendues, que nous pensions ne jamais redire, et voilà, elles ont sauté dans notre bouche sans que nous y prenions garde ! Qui n’a jamais dit : quand je parle, j’entends mon père/ma mère et c’est terrible pour moi, je n’aurais jamais cru que je puisse dire cela !
Elever un enfant, l’éduquer, l’aimer, ce sont des tâches prenantes, épuisantes, agaçantes, selon les jours, les âges, les humeurs, la fatigue, la solitude. Avoir la « bonne » réaction, être présents alors que l’on a envie de se coucher, réfléchir pour prendre la « bonne » décision. Que de difficultés au quotidien ! Tellement nombreuses que parfois, nous oublions que nous les aimons, qu’ils sont magnifiques, qu’ils ont besoin de nous tant pour les aimer que pour leur apprendre les limites de la vie entre humains.
C’est là qu’un Jardin des Parents peut être un secours utile, car il est là pour permettre de rencontrer d’autres parents tout aussi perdus ou fatigués que nous, des parents qui sont de bons parents, qui se questionnent sur leur éducation, leurs exigences. Participer permet la fois de se confier, dire son impuissance, sa colère ou sa tristesse, mais aussi écouter, soutenir les autres, rire ensemble, bavarder de la pluie ou du beau temps, juste pour le plaisir de partager un moment, de se sentir accueilli, compris.
Dans les médias, on ne cesse de critiquer les parents, de les rendre responsables de tous les maux, dans l’air du temps, il y a l’envie de les pénaliser du comportement de leurs enfants. Bien sûr qu’il y a à faire mieux, que le comportement des jeunes n’est pas adéquat et que la société ne peut pas continuer à fonctionner ainsi.
Mais être parents, c’est être héroïque ! C’est oser prendre sa vie en main, assumer une des tâches les plus nobles et les plus difficiles, sans attendre en retour d’en être remercié autrement que par la réussite d’un autre !